En date du 17 juin 2026 s’est tenu à l’hôtel Source du Nil à Bujumbura, un atelier de sensibilisation sur le développement professionnel continu (DPC) des pharmaciens du Burundi. L’événement a été organisé par l’Ordre National des Pharmaciens du Burundi avec le soutien de la ONG Venue Foundation.
L’objectif principal de l’atelier était de partager les résultats d’enquêtes et de planifier la mise en œuvre d’un programme national de DPC.
L’atelier a été ouvert par le président de l’ONPB accompagné du Vice-Président, le Pharmacien Bamenyekanye Emmanuel, soulignant l’évolution constante du métier de pharmacien et l’importance de la formation continue. Il a présenté la formation continue comme une obligation professionnelle pour assurer la qualité des soins et renforcer la confiance du public.
La cérémonie comprenait des exposés et des discussions sur la faisabilité et la conception du programme de DPC.
L’étude de faisabilité et besoins en formation ont été présentés par le Pharmacien Rémy HABONIMANA. Les réponses ont été obtenues via un questionnaire en ligne. 76 pharmaciens avaient répondu à l’évaluation des besoins.
L’étude avait montré que la majorité des participants, majoritairement masculins et âgés de 30 à 39 ans, avaient un diplôme de licence et travaillaient principalement en milieu urbain.
L’enquête a aussi révélé une forte conscience de l’importance du DPC, avec 96,1% connaissant sa signification et 73,7% ayant déjà participé à des activités de formation.
Pour ce qui est des besoins prioritaires identifiés, les thèmes avec des besoins de formation élevés incluaient la pharmacie clinique, la gestion des antimicrobiens, la pharmacovigilance, la logistique, et la pratique centrée sur le patient.
Les résultats indiquaient également une nécessité d’amélioration dans le leadership, la réglementation, la santé publique, la recherche, et la qualité des soins.
La majorité souhaitait des formats hybrides pour la formation, avec une préférence pour le français comme langue d’apprentissage.
Modalités, obstacles et cadre réglementaire
Les modes préférés incluraient ateliers en présentiel, formations en ligne et formations mixtes.
Les obstacles principaux à la participation soulevés par l’enquête sont le besoin de soutien financier et la certification officielle. La majorité appuie l’obligation de renouveler la licence via le DPC et souhaite que l’accréditation soit gérée par l’ONPB.
Programme de développement professionnel continu proposé
Quant au Pharmacien Donatien BIGIRIMANA a présenté un programme de développement professionnel continu en plusieurs phases : initiation, développement, mise en œuvre pilote, extension nationale, et évaluation.
La conception inclut la validation des besoins, la création d’un comité, l’élaboration d’un cadre réglementaire, la formation de formateurs, et le déploiement national. Des outils de suivi, d’évaluation et une campagne de sensibilisation seront développés pour assurer la réussite du programme. Le succès du programme sera mesuré par la participation active de 80% des pharmaciens, la validation d’au moins 20 modules, et une plateforme nationale opérationnelle.
La mise en œuvre inclura une étape pilote, puis une extension régionale, avec une intégration dans la réglementation locale. Un suivi et une actualisation annuelle sont prévus pour maintenir la pertinence du programme.
En guise de synthèse et recommandations, il est conseillé au ministère de soutenir financièrement et institutionnellement le DPC, d’intégrer la formation continue dans le processus du renouvellement de licence, et de renforcer la collaboration avec l’OMS.
Les pharmaciens doivent s’approprier le programme et participer activement à sa mise en œuvre et l’ONPB doit organiser régulièrement des formations et sessions pour garantir la qualité des services.
